Pour commencer, je me permets de recycler un vieux papier écrit en 2000, pour le site de feu Meuriad. C’est l’occasion de vous présenter mon instrument fétiche, le cistre.
Le cistre est un instrument très ancien, comme toutes les conneries à cordes. Il était très répandu en Italie au moyen-âge, en Angleterre à la Renaissance, et partout en Europe dans les années 1770. Enfin, c’est ce qu’on dit sur Wikipedia.
Comme de nombreux instruments il a connu de nombreuses mutations et améliorations au fil des âges. Les cistres actuels sont en fait dans leur conception aussi modernes que les synthétiseurs (en exagérant juste un peu…).
Les mutations
Tout s’est joué en Irlande ces trente dernières années où des luthiers (en particulier Stefan Sobell) ont eu la bonne idée de prendre des instruments qui faisaient rire tout le monde, et de leur appliquer leur savoir-faire pour les remettre au goût du jour. Le bouzouki irlandais est né de cette manière : de bons bois, une caisse plate à la place de la forme bombée, des barrages de caisse, des cordes en alliage, un diapason juste… Et ça donne un instrument au rendu magnifique.
Alors c’est quoi ?
Le cistre, en tant que proche cousin du bouzouki, a connu les mêmes améliorations. Il se compose d’un corps en forme de goutte d’eau aplatie (mais si ! c’est très joli !), au fond plat, avec des hanches larges. Le cordier est fixé au bas de la caisse sur laquelle se trouve un chevalet mobile.
Il y a en tout dix cordes, qui fonctionnent par paires. Cela fait donc 5 notes à vide. L’accord usuel est, du grave à l’aigu, Sol-Ré-La-Ré-La. On peut également utiliser La-Ré-La-Ré-La, mais ça fait un peu feignant.
Cistre ou bouzouki ?
Généralement, la différence majeure entre un cistre et un bouzouki réside dans le nombre de cordes. Le bouzouki en a 8 et le cistre 10. Seulement voilà, le bouzouki a quelque fois 10 cordes… Dans ce cas il devient un cistre, me direz-vous ? Eh bien non, c’est interdit. Il y a en fait une différence de diapason, le manche du cistre est plus court que celui du bouzouki. Ainsi, par contre, si vous rallongez le manche de votre cistre vous obtiendrez un bouzouki 10 cordes. Si vous cassez une corde vous aurez un bouzouki 9 cordes. Ou un cistre rallongé avec une corde en moins.
Pour quoi faire ?
Tout ! Le cistre peut tout faire ! Ses points forts sont une grande versatilité : il se prête très bien aux rythmiques appuyées qu’affectionnent les mélodistes, les arpèges sont magnifiques, et la puissance des cordes doublées permettent de jouer des mélodies ou des contrechants en étant suffisamment présent.
Ronan Pellen au cistre, à Yaouank 2007, avec Hamon Martin metamorphose project :
Quant à moi, vous pouvez m’entendre :
- chaque mardi au Westport Inn
- sur le Myspace du fiddler Gunther Schmidt
- sur cette jolie chanson de Kowalski !



[...] billet, 95 raisons de ne pas jouer du théorbe. Si vous n’êtes pas convaincu, essayez le cistre. Ou si vous voulez quand même en savoir plus sur le théorbe, allez sur le site de Lynda Sayce. [...]
Salut Erwan,
Ah oui quel merveilleux instrument le cistre, comme tous ses cousins: les bouzouki, mandole, octave mandole.
Je suis arrivé sur ton blog en faisant des recherches sur les cistres de Stefan Sobell… Bien envie de m’en fabriquer un en tous cas!
Très sympa ton blog, il y manque juste quelques extraits musicaux joués sur tes instruments.
Salut Yves, merci pour ton commentaire !
J’ai mis à jour les liens au bas de l’article, il y a un extrait de session, et une chanson sur un album où tu pourras m’entendre !
[...] de Les vents m’ont dit) et je bricolais derrière une mise en musique à la guitare et au cistre. Il s’agissait de morceaux trads arrangés, de compositions personnelles libres de droit et [...]